02 janvier 2006

Gênes

N°4 - 02/01/06 - 17h25

J’ai préparé le tiramisu ce matin. J’ai fouetté les œufs avec le sucre jusqu’à ce que le mélange blanchisse. J’ai travaillé le mascarpone avec la Marsala et monté ma crème Chantilly. J’ai mélangé avec mes blancs montés en neige. J’ai trempé les biscuits dans l’expresso et sa goutte d’Amaretto. J’ai disposé mes biscuits dans le fond d’un plat et recouvert d’une couche de mon onctueux mélange. J’ai répété l’opération et terminé en saupoudrant de cacao.

J’ai mis le tout au frigo pour que ça repose. Je ne m’en suis même pas rendu compte à ce moment là.

Quand elle m’a appelé, vers sept heures pour me dire qu’elle partait du bureau, j’ai commencé le risotto. J’ai épluché les asperges que j’ai coupées en rondelles et je les ai faites revenir dans le beurre. J’ai ébouillanté les pointes et les ai fait revenir dans le beurre aussi. J’ai fait revenir un oignon finement haché avec de l’huile d’olive. J’ai versé mon riz (Vialone Nero) et j’ai mélangé à feu vif. J’ai mouillé avec un vin blanc sec et quand il s’est évaporé, j’ai salé avant de rajouter du bouillon de volaille.

Quand elle est arrivée, j’ai incorporé le parmesan, les asperges en rondelles. J’ai décoré avec les pointes d’asperge. J’ai débouché une bouteille de Lacrima Cristi. C’est elle qui me l’a fait remarquer.

Elle était toute excitée. Elle m’a dit qu’une soirée italienne c’était très romantique et que j’étais merveilleux. Que je devrais prendre un jour de congé pour cuisiner comme ça de temps en temps. On a mangé le risotto. Elle a adoré. Il était crémeux à souhait, ça ne m’a même pas interpellé.

Elle m’a dit : où les as-tu planqués ?

-         quoi ?

-         ben, les bouquins de cuisine pardi ?

-         quels bouquins de cuisine ?

-         Tu veux me faire croire que tu as fait un risotto et un tiramisu sans suivre recette, peut-être ?

Ca m’a pris de plein fouet. Depuis hier soir, j’ai acheté les ingrédients sans y penser. Ce matin, avec le tiramisu puis plus tard avec le risotto. Comment était-ce possible ?

Je suis devenu pâle.

-         Eh, ça va ? On dirait que tu vas tomber dans les pommes ! Qu’est-ce qui se passe ?

-         Virginie, j’ai cuisiné sans recette. Je ne sais pas où j’ai appris à faire ces plats. Je te jure.

On a fini de manger en imaginant toutes les possibilités.

-         J’ai entendu parler d’un mec qui enregistrait ses cours de facs sur un dictaphone et qui se les repassait en dormant. Il paraît que le subconscient enregistre ces choses là. Tu t’es peut-être endormi un jour devant un programme de cuisine à la télé ?

Après le dîner, elle a proposé de faire la vaisselle. Je me suis assis sur le canapé et j’ai pris le bouquin du grand père. Il l’avait envoyé cette semaine et je n’avais pas encore pris le temps de bien le regarder. C’est l’arbre généalogique de la famille. Il a mis près de quinze ans pour le finir. Je crois qu’il est remonté à 1760. Huit ou neuf générations. Des certificats de naissances et de décès plein les armoires. Le grand-père, quelle patience.

Il y aurait eu quelques châtelains du côté de ma mère. Quelques industriels du côté de ma mère. Vers 1840 des ancêtres de ma mère seraient venus d’Italie s’installer du côté de Nice. Je tournais les pages, absorbé par la lecture. Elle est venue près de moi se blottir.

-         J’ai des ancêtres Italiens d’après le grand père. Ca vient peut-être de là ma révélation culinaire !

-         Une transmission par les gènes ?

-         Va savoir…

Je n’ai jamais réussi le tiramisu comme ce jour là. J’ai recoupé toutes les recettes possibles et imaginables.

18h10

Posté par Miguel Margarido à 18:10 - Commentaires [1] - Permalien [#]


Commentaires sur Gênes

    plaisir de lire et du palais en même temps!!!

    Salut Miguel,
    J'espère que tu es bien remis de ce nouvel an 2006. J'ai un peu de mal, mais je lis tes nouvelles et ça va tout de suite mieux.
    Super format que le blog, très actuel!!! j'ai déjà transféré l'adresse à toutes mes collègues.
    AU fait, juste une remarque, ne m'en veux pas :
    "J’ai débouché une bouteille de Lacrima Cristi. C’est elle qui me l’a fait remarqué..." remarquer c'est mieux...

    Posté par Valérie bernier, 04 janvier 2006 à 13:26 | | Répondre
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